08 décembre 2009
Le développement par contact
Principe du développement par contact
Comme son nom l'indique, le développement par contact consiste en un développemnt qui s'effectue par le contact de deux surfaces photographiques, l'une déjà impressionnée (ou révélée) et l'autre qui sera réceptrice. Cette technique de développemnt se différencie de la technique par agrandissement justement parce qu'elle ne propose qu'un rapport de reproduction entre le négatif et le tirage d'un ratio de 1 : la taille du développement est la même que celle du négatif.
Nous avons par exemple utilisé le tirage par contact pour développer nos premiers essais du sténopé. Comment ? Dans le sténopé, plutôt que d'insérer une pellicule, nous avons utilisé du papier photosensible,que nous avons inséré dans la boite sous lumière inactique (lumière rouge). Une fois le papier exposé un certain temps devant le sujet choisi avec le sténopé, nous voilà de retour dans le labo pour développer notre négatif (l'image que prend le sténopé est bien un négatif, inversé autant horizontalement que verticalement, mais aussi au niveau des lumières : ce qui est blanc sur le papier est sombre dans la réalité, et vis versa). Pour développer ce premier papier, rien de plus simple, on le passe normalement dans les différents bacs de développement (révélateur, bain d'arrêt, fixateur, et bain de rinçage). Mais que faire avec cette feuille de papier photo qui est un négatif. C'est là que le tirage par contact s'avère nécessaire.
Procédure :
Préparer une feuille de papier photo à la taille du négatif. Mouiller les deux feuilles avant de les superposer l'une sur l'autre côté émulsion (l'eau aide à bien assembler les deux papiers), en faisant gaffe de ne pas laisser de bulles d'air. Poser les deux papiers sur la tablette de l'agrandisseur, négatif au-dessus. recouvrez les deux morceaux de papier par une plaque de verre, pour bien les aplatir... il ne vous reste plus qu'à allumer votre agrandisseur pendant un temps donné (pour nous environ 10sec). il ne vous reste plus qu'à développer normalement votre tirage et à mettre précieusement à sécher votre négatif. Voilà le rendu finale du tirage. Notez les bulles d'air visibles sur le positif, à cause de l'eau.
Négatif sortant du sténopé Résultat final après tirage par contact
Tirage d'une planche contact :
L'utilisation de cette technique de développement permet de faire des planches contact. L'idée : vous venez de développer un négatif, et vous voulez en avoir un aperçu rapide mais clair, en positif. Il vous suffit de poser vos négatifs sur une feuille de papier photo, le tout recouvert par une plaque de verre, et de les exposer à la lumière du projecteur, puis de passer le papier dans les différents bacs de développement. Ainsi, vous pourrez voir, avec un temps donné, l'exposition de chaque photographie de votre négatif, ce qui peut être une aide pour le développement futur de vos clichés.
Truc marrants :
Et qu'est-ce qui vous empèche de développer par contact n'importe quel support, à partir du moment où il est assez fin pour laisser passer la lumière jusqu'au morceaux de papier récepteur ? Voilà un exemple : simplement un morceau de journal ! Alors imaginez maintenant que l'on se mette à dessiner sur nos photos et qu'on re-développe tout ça...

15:17 Écrit par Isomatons dans Le laboratoire | Commentaires (0)
03 décembre 2009
Les photogrammes
Un photogramme, c'est quoi ?
Il faut dissocier le photogramme cinématographique du photogramme photographique. Au cinéma, un photogramme est un tirage d'une seule image de pellicule impressionnée (ou digitale), sur les 24 images d'une seconde. En général, on tire des photogrammes pour voir l'évolution d'un film de manière synthétique.
En photographie, le photogramme est quelque chose de nettement plus étonnant, et voilà une petite expérience facile à réaliser, que nous vous proposons ici.
C'est un procédé qui se fait en laboratoire, et seulement en labo ! Oubliez vos négatifs ou diapositives, il vous suffit de vous munir d'une plaque de verre, de votre agrandisseur, et de feuilles de papier photo. Accumulez aussi un certain nombre d'objets qui, par leur forme ou leur matière, vous attirent.
Vous allez, sous lumière inactique, préparer votre feuille de papier sous l'agrandisseur, et la couvrir de votre plaque de verre. Ensuite, il vous suffit de poser de manière judicieuse (et c'est là que votre créativité intervient) et comme bon vous semble les différents objets choisis.
Une fois vos objets sont disposés sur votre plaque de verre, il vous suffit de d'allumer pendant un temps inderterminé votre agrandisseur (à vous de faire vos tests). Les objets posés sur la vitre agiront comme un négatif, en quelque sorte, et en fonction de leur transparence, de leur taille, leur matière, leur position, vous pourrez mettre en place des compositions particulières ! Faites vos tests !
< Un photogramme très simple : deux bouts de ficelle et un morceau de verre
Pour l'histoire...
Beaucoup pensent que c'est Man ray, le photographe surréaliste, qui est l'inventeur de ce procédé photographique, mais le photogramme est une pratique aussi vieille que l'est la photographie en elle-même. En effet, on la retrouve dès les origines avec notamment les travaux de William Henry Fox Talbot.
Man Ray et d'autres artistes comme Moholy-Naguy se sont évertués à approfondir cette technique de "peinture de lumière", en jouant par exemple sur la rotation de la lumière autour des objets. Man Ray donnant comme définition à ces photogrammes : « Photographie obtenue par simple interposition de l’objet entre le papier sensible et la source lumineuse. Saisies au moment d’un détachement visuel, pendant des périodes de contact émotionnel, ces images sont des oxydations de résidus fixés par la lumière et la chimie, des organismes vivants. » Du grand art, quoi.
17:58 Écrit par Isomatons dans Le laboratoire | Commentaires (0)


